Twitter
Google plus
Facebook
Vimeo
Pinterest

Fluid Edge Themes

Title Image

Le filet de pêche

Home  /  Le filet de pêche
Home > Le filet de pêche

Filets de pêche : fantômes sur nos océans

L'industrie de la pêche mondiale repose sur un outil ancestral mais technologiquement redoutable : le filet. Cependant, ce qui était autrefois un équipement biodégradable est devenu l'un des polluants les plus persistants de la planète. Aujourd'hui, la question des filets de pêche abandonnés, ou ``filets fantômes``, est au cœur des préoccupations écologiques marines.

Les filets de pêche : de la fibre naturelle au plastique éternel

Pendant des millénaires, les pêcheurs ont utilisé des filets conçus à partir de ressources renouvelables : lin, chanvre, coton ou même racines. Ces matériaux présentaient un avantage écologique majeur : en cas de perte en mer, ils se décomposaient naturellement en quelques mois.

Cependant, avec l’industrialisation de la pêche après la Seconde Guerre mondiale, tout a basculé. Pour répondre à une demande croissante et améliorer la rentabilité, les fibres naturelles ont été remplacées par des polymères synthétiques (nylon, polyéthylène, polypropylène). Ces nouveaux matériaux ont révolutionné le secteur grâce à :

  • Une résistance accrue : capables de supporter des tonnes de prises sans rompre.
  • Une légèreté inédite : permettant le déploiement de filets gigantesques (jusqu’à plusieurs kilomètres).
  • Un coût réduit : facilitant le remplacement fréquent du matériel.

Aujourd’hui, les méthodes varient selon les régions : des immenses chaluts de fond des flottes industrielles aux filets maillants des artisans. Mais cette durabilité exceptionnelle est un cadeau empoisonné. Un filet moderne ne se décompose jamais vraiment ; il se fragmente en microplastiques, persistant dans l’écosystème pendant des siècles.

Comment les filets de pêche ont-ils évolué pour devenir une menace écologique ? C’est cette transition du biodégradable vers le plastique indestructible qui a créé la crise actuelle des engins de pêche « fantômes ».

Chaque année, ce sont entre 500 000 et 1 million de tonnes de filets et d’engins de pêche qui sont perdus ou abandonnés dans l’eau

L’ampleur du phénomène est difficile à quantifier précisément, mais les ordres de grandeur fournis par les organisations internationales (comme la FAO ou Greenpeace) sont alarmants. On estime que les engins de pêche représentent environ 10 % des déchets plastiques marins.

Des chiffres qui donnent le vertige

Chaque année, ce sont entre 500 000 et 1 million de tonnes de filets et d’engins de pêche qui sont perdus ou abandonnés dans l’eau. Pour donner une image concrète, cela équivaut à rejeter le poids de plus de 50 Tour Eiffel dans l’océan tous les ans. Plus frappant encore : on estime que 6 % de tous les filets utilisés, 9 % des casiers à crustacés et 29 % des lignes de pêche finissent leur vie au fond des eaux.

Les « Hotspots » de la pollution par les filets

Où se trouvent ces cimetières de plastique ?

  • Le Vortex de déchets du Pacifique Nord (Great Pacific Garbage Patch) : c’est ici que la concentration est la plus forte. On estime que les filets de pêche constituent près de 46 % de la masse totale de cette immense île de déchets.
  • Les zones de pêche intensive : comme le Golfe du Mexique, la Mer du Nord ou les côtes de l’Afrique de l’Ouest.
  • Les récifs coralliens et monts sous-marins : les courants et le relief accrochent les filets, les transformant en pièges fixes et mortels.

Ces débris ne sont pas seulement jetés volontairement par négligence ; ils sont souvent perdus suite à des tempêtes, des accrochages sur des rochers ou des conflits entre navires.

Un filet de pêche en nylon a une durée de vie estimée à 600 ans dans l’eau de mer

L'impact sur la faune et la flore marine

Lorsqu’un filet est perdu, il ne cesse pas de pêcher. C’est le phénomène de la « pêche fantôme ». Ces filets continuent de capturer, d’étouffer et de tuer sans aucune intervention humaine.

Un piège mortel pour la biodiversité

Les conséquences sont tragiques pour la faune marine :

  • Étranglement et noyade : Les mammifères marins (dauphins, baleines, phoques) et les tortues ont besoin de remonter à la surface pour respirer. Emprisonnés, ils meurent d’asphyxie dans des conditions atroces.
  • Mutilations : Les filets s’enroulent autour des nageoires, provoquant des infections graves ou l’impossibilité de se nourrir.
  • Destruction des habitats : Les filets lestés qui traînent sur le fond raclent les récifs coralliens, brisant des structures qui ont mis des siècles à croître.

Combien de temps dure la dégradation d’un filet de pêche ?

C’est ici que réside le véritable danger. Un filet de pêche en nylon a une durée de vie estimée à 600 ans dans l’eau de mer. Pendant six siècles, il continue de flotter, de piéger des animaux et de se dégrader lentement en microparticules qui entrent dans la chaîne alimentaire, finissant parfois jusque dans nos assiettes.

les engins de pêche représentent environ 10 % des déchets plastiques marins

L'impact environnemental

L’impact environnemental des filets de pêche est-il irréversible ?

Sans une gestion mondiale stricte du recyclage des engins et l’innovation vers des matériaux biodégradables, les filets fantômes continueront de hanter nos océans bien après que nous aurons cessé de les utiliser.

En conclusion

Le filet de pêche est un polluant dont il va être difficile de se débarrasser, mais aussi et surtout un danger permanent pour la faune marine qui se retrouve piégée, étranglée, mutilée

Il est temps de mettre en place des actions fortes pour retirer ces déchets de la mer. Ces actions doivent être complémentaires, appuyées par des technologies innovantes et respectueuses de l’environnement pour agir à différentes échelles.

Retirer le plus vite possible ces déchets de nos mers pour permettre aux animaux de retrouver paix et sérénité.

This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.